HistoriqueLe vendredi 20 août 1920, l'agence de presse Belga était fondée. Sous l'impulsion du roi Albert Ier et de la Banque nationale de Belgique, 245 représentants du commerce et de l'industrie belge ont signé l'acte fondateur de l'agence de presse nationale. Ces fondateurs voulaient préserver l'indépendance de la Belgique et briser l'emprise des agences de presse étrangères sur l'actualité nationale. Le gouvernement et le monde des affaires étaient confrontés à la difficile tâche de reconstruire le pays après les ravages de la Première Guerre mondiale et de la grippe espagnole. Pour cela, les services d'une agence de presse nationale étaient plus que souhaités. Après sa création, Belga a racheté les activités belges des agences de presse internationales Havas (devenue AFP) et Reuters, qui disposaient ensemble d’un bureau à Bruxelles. Belga a également repris les locaux et le personnel de ce bureau. Quelques mois plus tard, le 24 décembre 1920, la presse a rejoint l'actionnariat et un "comité technique" consultatif, dans lequel siégeaient les représentants des journaux bruxellois et provinciaux, a été créé au sein de l’Agence. Ce n'est cependant qu'après la Seconde Guerre mondiale que la gestion et l'actionnariat de Belga sont passés entièrement entre les mains de la presse. Le 1er janvier 1921, Belga a diffusé ses premières dépêches dans le monde. La clientèle se composait de 45 journaux, 16 banques, 9 autres entreprises et du gouvernement belge.
historique

Aujourd'hui, l'actionnariat est toujours entièrement entre les mains d'une dizaine de sociétés de médias belges qui représentent ensemble environ 40% du chiffre d'affaires. La presse reste donc le principal acteur de l'agence de presse. Comme lors de sa création, Belga réalise aujourd'hui encore une grande partie de son chiffre d'affaires dans les services aux entreprises, et la croissance de ces dernières années provient principalement de ce secteur. La part du gouvernement dans le chiffre d'affaires reste plus ou moins constante, malgré la complexité croissante de notre système gouvernemental.

La crise du coronavirus a prouvé une fois de plus que l'agence de presse est le pilier du système national d’information. Le nombre de dépêches a considérablement augmenté pendant la crise. Les textes, photos et vidéos de Belga sont utilisés encore plus qu'auparavant et l’Agenda de Belga reste un outil de planification incontournable pour les rédactions.

Belga continuera à l'avenir à s'engager pleinement à soutenir les diffuseurs et les éditeurs de journaux, de magazines et de sites d'information. Nous aidons nos entreprises de médias à maîtriser leurs coûts en leur assurant la fourniture de l’essentiel de l’information sous forme de textes, d'images et d'agenda de manière centralisée et fiable et en les alertant de manière précise et rapide des nouveaux développements et des scoops des collègues. De nombreuses rédactions considèrent Belga comme une équipe de correspondants externes à laquelle ils peuvent se fier aveuglément et qui les aide à s'impliquer encore plus dans ce qui distingue leur propre ligne rédactionnelle : contributions éditoriales, interviews, interprétations et commentaires écrits et audiovisuels.

La crise actuelle nous apprend que les citoyens semblent à nouveau davantage disposés à payer pour de l’information. En outre, les consommateurs attachent plus d'importance aujourd’hui encore qu'auparavant à la fiabilité des informations. Les médias belges obtiennent, à ce niveau, de bien meilleurs résultats que les médias sociaux. Belga poursuivra ses efforts pour que cette information reste abordable et fiable et continuera à faire preuve, comme par le passé, d'une forte capacité d'adaptation et d'une volonté d'innovation dans l'intérêt de tous ses partenaires.

TECHNOLOGIE

L'Agence de presse a misé, dès le début, sur la technologie. Les correspondants de Belga à l'étranger transmettaient leurs premières dépêches à la rédaction par téléphone. Pour les voyages à l'étranger, les collègues utilisaient également la radiotélégraphie de Belradio, qui permettait de couvrir tous les recoins du monde grâce à des antennes à longues ondes. Les sténographes enregistraient les messages que Havas transmettait de Paris par téléphone. Ceux de Reuters étaient transmis en Morse, puis, plus tard, par télégraphe.

Dès 1934, la DNB allemande, le Français Havas et le Britannique Reuters ont transmis leurs messages via Hellschreiber, le précurseur du fax.

En 1923, Belga a co-fondé  "Radio-Belgique" qui avait pour but de diffuser des informations par radio. Sous la pression des journaux, ce "journal parlé" devait être concis et ne pouvait être diffusé qu’après parution des journaux. En 1930, lors de la création de l'INR, il a été convenu que les messages de Belga seraient diffusés sous une forme abrégée dans cinq bulletins d'information, dans lesquels les journaux étaient explicitement mentionnés.

Les abonnés à l'agence de presse recevaient initialement leurs dépêches par courrier express et, en cas de développement, par téléphone. A partir de 1928, sous l'impulsion du journal "Le Soir", la diffusion est progressivement passée par la transmission par télex. Après "Le Soir" en 1930, sept autres journaux bruxellois ont suivi en 1932 et en 1933 quelques journaux anversois. En 1939, l'INR et la plupart des autres journaux étaient également connectés au réseau télex. Un exemplaire authentique d'un tel télex peut encore être admiré aujourd'hui dans le bureau de notre rédacteur en chef.

À partir des années '70 et '80, les ordinateurs ont été progressivement introduits. Cette technologie a permis aux journalistes de saisir leurs propres textes au lieu de les dicter. Cependant, les résistances au changement et les craintes de pertes d'emplois sont considérables et la dictée de textes était, de fait, encore courante dans toutes les agences de presse européennes au début des années 1990. Ce n'est que lorsque le courrier électronique a définitivement remplacé le fax que la question a été réglée une bonne fois pour toutes.

Le télétexte, autre innovation des années '80, a connu un succès immédiat. Ce nouveau média a d'abord été perçu comme une menace, car pour la première fois dans l'histoire, les agences de presse perdaient leur monopole de distribution d'informations en temps réel via les réseaux. Les chaînes de télévision publiques et les quotidiens ont également mené une bataille juridique pour savoir qui avait le droit exclusif d'utiliser cette technologie. Les chaînes de télévision ont gagné la bataille. Belga a alors fourni les dépêches pour le télétexte et les chaînes de télévisions sont officiellement devenues les éditrices de celles-ci.

Au début des années '90, les bases de données ont fait leur apparition dans les entreprises de médias. Dans un premier temps, les journalistes et les utilisateurs professionnels pouvaient accéder aux bases de données de la presse internationale moyennant une redevance. Ces bases de données peuvent être consultées par le biais de modems à accès commuté sur des lignes téléphoniques.

Le Financial Times, Reuters, Lexis-Nexis et Dow Jones ont été les leaders internationaux. Aux Pays-Bas, tous les journaux étaient consultables via la base de données de la presse néerlandaise. En Belgique, la Central Station, initiative commune de tous les éditeurs de journaux belges, a rencontré l'opposition des journalistes en raison de l'absence de réglementation sur les droits d'auteur.

Dès la fin des années 1990, il a également été possible de consulter les bases de données de la presse via le très récent internet. Les éditeurs flamands et francophones ont fait bon usage de cette nouvelle technologie pour mettre en place leurs propres bases de données de presse. Cette fois-ci avec le souci du respect du droit d'auteur.

Depuis 1995, Belga archive toutes les dépêches dans ses propres archives numériques. Depuis 2000, ces archives sont exploitées par Mediargus, la base de données de presse des éditeurs de journaux flamands. Mediargus a fusionné, plus tard, avec son homologue francophone Pressbanking pour former la plateforme de monitoring Gopress. Gopress a à son tour été repris par Belga en 2015.

Cela permet à l'agence de presse de disposer aujourd'hui d'une base de données très complète de tous les journaux, magazines, articles en ligne et dépêches d'agence depuis les années 1990, avec des mises à jour en temps réel. En plus des archives qui sont particulièrement pertinentes pour les journalistes, les universitaires et les bibliothèques, Gopress offre également des services de monitoring et de revues de presse pour les entreprises et les autorités publiques.

En 2020, Belga lance l'application belga.press qui combine tous les services de Belga et Gopress et donne au journaliste ou à l'utilisateur professionnel un accès à tous les médias d'information de Belgique et des pays environnants, tant en temps réel que sous forme d'archives. La nouvelle plateforme utilise le savoir-faire et les algorithmes de l'agence de presse pour accéder intelligemment aux informations régionales et nationales des journaux, magazines, sites d'information, programmes d'information audio et vidéo et médias sociaux. L'application fonctionne sur les appareils mobiles et les PC.

En 2020, Belga va déployer également une nouvelle plateforme éditoriale interne. Cela permettra à la rédaction d'adapter le flux de travail aux besoins de la troisième décennie du XXIe siècle. Il s'agit d'une plateforme open source créée par et pour les journalistes en collaboration avec différentes agences de presse.

Lorsque la pandémie du Covid-19 a frappé, Belga a immédiatement fait en sorte que tout le monde puisse télétravailler. Grâce à l'excellent service fourni par notre département informatique, cette opération a pu se dérouler sans incident majeur. Pour l'avenir, Belga mise également sur un mélange de travail au bureau et de télétravail. Le nouveau système éditorial rend cette démarche parfaitement possible.

Le passé nous a appris combien la technologie est importante pour une agence de presse. Nous avons appris à considérer les innovations non pas comme une menace, comme à l'époque du télétexte, mais comme une opportunité.

La façon dont l'agence de presse a réagi à l'essor d'Internet le démontre clairement. Avec l'amélioration des services aux médias, aux gouvernements et aux entreprises, avec l'introduction de nouveaux services de monitoring, d'archives, de photographie numérique, de reportage vidéo et audio, Belga a adopté l'internet et en a fait un allié dès le départ.

L'utilisation des médias sociaux témoigne également d'une forte adaptabilité et d'une solide pérennité. Aujourd'hui, X (ex-Twitter) est une source d'information intéressante pour la rédaction, en plus des contacts directs, des conférences de presse et des nombreux communiqués de presse que Belga ne cesse de recevoir. En outre, l'agence elle-même est également présente sur ces médias sociaux, mais avec la retenue nécessaire, afin de mettre en avant sa propre réputation et sa fiabilité.

DEPECHES BILINGUES

Dès le départ, le bilinguisme a été envisagé, même si dans la pratique, cela ne s’avérait pas évident. Dès 1925, Belga a couvert, sur place, toutes les cérémonies nationales importantes et l’actualité parlementaire. Déjà en 1922, le conseil d'administration de Belga avait envisagé la création d'un service en néerlandais. À cette époque, la presse flamande ne jouait pas encore un rôle important et il s'avérait extrêmement difficile de trouver à Bruxelles du personnel qualifié maîtrisant bien le néerlandais. À partir de 1938, un Flamand a été recruté comme correspondant aux Pays-Bas. C'est ainsi que les premiers reportages en néerlandais ont été fournis aux journaux flamands. La proposition de la direction de réaliser l'intégralité de la production dans les deux langues a cependant été rejetée la même année. A l’époque, les journaux flamands ne souhaitaient pas payer un supplément pour ce service tandis que les journaux francophones n'étaient pas disposés à supporter une partie des frais que cela aurait occasionné.

Lors de la première assemblée générale après la Seconde Guerre mondiale, les responsables ont néanmoins fini par se raviser et Belga est officiellement devenue bilingue. Toutes les dépêches étaient désormais signées "Agentschap Belga/Agence Belga". Le correspondant actif aux Pays-Bas a été chargé de recruter et de former du personnel néerlandophone et a supervisé la copie néerlandophone. Les coûts totaux ont été répartis sur l'ensemble des clients et cette fois, il n'y a pas eu de discussion. À partir de 1970, la rédaction a été divisée en deux avec une section néerlandophone et une section francophone.

Aujourd’hui, Belga est toujours parfaitement bilingue. La gestion est entre les mains d'un seul rédacteur en chef, chaque section a son propre rédacteur en chef adjoint.

Alors que le paysage des médias belge est, depuis des années, scindé, Belga est un outil unique. Après tout, beaucoup d’informations et de matériel visuel sont pertinents pour les deux groupes linguistiques. C'est certainement le cas pour l’actualité internationale, les dépêches sportives et économiques, mais aussi la couverture de la politique européenne et fédérale.

Nous remarquons que chacune des sections linguistiques de Belga se concentre de plus en plus sur l’actualité régionale, mais que d’autre part, Belga remplit toujours plus une fonction de liaison entre les médias du Nord et du Sud afin que l'opinion publique puisse rester informée de ce qui se passe de l'autre côté de la frontière linguistique.

Avec nos racines au cœur de Bruxelles, près de la rue de la Loi et du quartier européen, et avec notre expertise éditoriale dans chaque région, nous sommes prêts pour les évolutions de nos institutions et de nos régions. Dans le futur, Belga restera un lien entre les communautés et les régions. Notre expertise éditoriale et notre rapport coût-efficacité continueront à faire leurs preuves tant au niveau international, européen et belge, que pour notre couverture régionale. En outre, le réseau international que Belga a mis en place avec des agences de presse, des médias et des institutions à l’étranger peut servir les autorités régionales, les institutions et les entreprises.

CONGO

Le rôle de l'agence de presse au Congo était initialement assez limité. En 1930, le "Comité technique" a demandé à Belga de fournir un service d'information à partir du Congo. Dès 1937, il est fait appel à un correspondant local qui envoie à Bruxelles un télégramme quotidien de maximum 50 mots.

Ce service limité a fonctionné jusqu'au déclenchement de la guerre. A partir de 1947, Belga a développé un bureau éditorial indépendant au Congo. En 1957, cette agence envoyait par télex environ 20.000 mots par jour à ses abonnés en Afrique et 2.500 mots pour les abonnés de Bruxelles. Après l'indépendance, le bureau local a été repris par l'agence de presse congolaise ACP créée par le Premier ministre Patrice Lumumba.

En raison de son lien historique avec le Congo, Belga consacre toujours une grande attention éditoriale à l'actualité africaine, bien que la matière première de ces dépêches provienne en partie de nos partenaires français de l'AFP. Bien entendu, nous continuons à envoyer nos propres journalistes lors de visites d'État et de missions commerciales.

Dans un avenir proche, il y aura probablement beaucoup à faire concernant l'histoire coloniale et l'avenir des relations entre la Belgique et le Congo. Aujourd'hui, Belga est prête, comme toujours, à rendre compte de ces développements de manière indépendante et factuelle.

LIBERTE DE LA PRESSE

La Seconde Guerre mondiale a appris à Belga la valeur d'une rédaction indépendante et combien la liberté de la presse peut être fragile et éphémère.

À partir du 18 mai 1940, l'agence de presse est passée aux mains des Allemands sous la direction de l'agence de presse allemande DNB. Elle a envoyé des dépêches aux Allemands sous le nom de Belgapress. Une partie des employés de Belga a résisté courageusement aux Allemands, d'abord à Ostende, ensuite au Havre et à Poitiers. Un siège administratif est également resté actif à Anvers jusqu'à ce que le président, trois membres du conseil d'administration, plusieurs membres du personnel et le directeur François Peeters soient arrêtés par la Sipo (Sicherheitspolizei), la police de sûreté allemande. Le directeur Peeters est mort le 27 mai 1941, deux jours après sa libération.

Le 5 septembre 1944, presque immédiatement après la libération de Bruxelles, Belga a repris son travail d'agence de presse indépendante.

Déjà avant la guerre, les grandes agences étaient fortement influencées par leurs gouvernements nationaux. C'est pourquoi l'ANP néerlandaise a eu l'idée, dès 1939, d'échanger des informations directement entre les petites agences de presse indépendantes, afin d'éviter que leur couverture soit biaisée pour des raisons politiques par les grandes agences et leurs gouvernements. À cette fin, la Belgique, les Pays-Bas et les quatre pays scandinaves ont fondé le "Groupe 39" qui, jusqu'à aujourd'hui, joue encore un rôle actif dans le secteur.

Nous ne devons jamais oublier à quel point une agence de presse indépendante est importante pour notre démocratie et notre liberté. En 2020, nous sommes confrontés à la plus grande pandémie de ces 100 dernières années, à une crise économique qui rappelle la fin des années 1940, à un contexte politique instable dans lequel des autorités et des groupes d'intérêt tentent d’influencer la population avec des faits "alternatifs" et avec des manipulations automatisées de l'opinion publique par le biais des médias sociaux.

Dans ce contexte, plus encore qu'ailleurs, aucune entreprise de médias ne peut se permettre le luxe de se passer du pouvoir silencieux d'une agence de presse. La matière première que la rédaction de Belga fournit en dehors des projecteurs, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, aide chaque média à rester fiable et honnête en ces temps très agités.

Les informations factuelles fournies par l'agence de presse apportent également l'oxygène dont le débat public a besoin. Il est attendu de Belga que chaque information soit vérifiée et que ces nouvelles ne soient diffusées que lorsque leurs exactitude est garantie.

Nos journalistes, employés, directeurs et administrateurs sont fiers de la réputation que Belga s'est forgée au cours des 100 dernières années. Nous nous réjouissons de continuer à être à la hauteur de cette réputation dans les années à venir et d'évoluer avec nos partenaires au cours du siècle à venir pour que les actualités en mots et en images ainsi que nos services demeurent fiables et abordables pour tous les médias, les gouvernements et les entreprises.

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